Les accords du participe passé au TCF Canada : avec avoir, être et les verbes pronominaux
Accorder le participe passé au TCF Canada : avec être, avoir et le COD, les verbes pronominaux, laissé, ci-joint et un atelier PDF.
Comprendre la tâche, choisir une stratégie et vous entraîner avec des repères concrets.
Trouver le COD avant d’accorder
L’accord du participe passé devient plus sûr quand on cesse de regarder seulement sa terminaison. La première question est plutôt : quel mot donne son genre et son nombre au participe? Selon la construction, ce donneur d’accord peut être un nom, le sujet ou un complément d’objet direct placé avant le participe. Une analyse de quelques secondes évite donc bien des accords faits au hasard.
Le complément d’objet direct, ou COD, complète directement le verbe. On l’identifie d’abord avec la question « qui? » ou « quoi? » posée après le verbe. Dans « Nora classe les fiches », Nora classe quoi? Les fiches. Ce groupe est le COD. Au Québec, on emploie aussi l’appellation complément direct, abrégée CD : CD et COD désignent ici la même fonction.
La question seule constitue un bon raccourci, mais la pronominalisation fournit un contrôle précieux. Si le groupe peut être remplacé par le, la ou les, il s’agit normalement d’un COD : « Nora les classe. » Un complément d’objet indirect, ou COI, est introduit par une préposition, souvent à ou de. Dans « Nora répond aux responsables », on répond à qui? Aux responsables. On peut dire « Nora leur répond », mais pas « Nora les répond ». Ce COI ne commande aucun accord du participe passé.
La place du COD compte autant que sa fonction. Dans une proposition relative, que reprend souvent un COD placé avant le participe : « les fiches que Nora a classées ». Un pronom comme les occupe aussi cette position : « Nora les a classées ». À l’inverse, dans « Nora a classé les fiches », le COD vient après le participe. Cette différence de place sera décisive avec l’auxiliaire avoir.
| Construction | Donneur d’accord | Condition | Exemple |
|---|---|---|---|
| Sans auxiliaire | Le nom qualifié | Le participe a une valeur d’adjectif | Des formulaires remplis |
| Avec être, verbe non pronominal ou voix passive | Le sujet | Accord en genre et en nombre | Les portes sont fermées |
| Avec avoir | Le COD | Seulement si le COD précède le participe | Les portes qu’on a fermées |
| Avec avoir | Aucun | COD après le participe, COD absent ou simple COI | On a fermé les portes |
| Verbe pronominal | COD ou sujet, selon le type | Analyse propre au verbe pronominal | Elles se sont écrit |
Le bon réflexe est donc de repérer la construction avant de choisir une terminaison. Ce principe relie la présente leçon aux autres ressources de la rubrique grammaire, sans transformer l’accord en simple liste d’exceptions à mémoriser.
Sans auxiliaire : le participe passé est un adjectif
Employé sans auxiliaire, le participe passé fonctionne comme un adjectif. Il s’accorde avec le nom qu’il qualifie. On écrit « une demande signée », « des dossiers signés », « une enveloppe scellée » et « des enveloppes scellées ». Il suffit alors d’identifier le nom auquel le participe apporte une caractéristique.
Le participe peut être placé directement à côté du nom : « les réponses corrigées attendent une seconde lecture ». Il peut aussi être détaché par une virgule : « Corrigées ce matin, les réponses sont maintenant accessibles. » Dans les deux cas, corrigées qualifie réponses, féminin pluriel. Sa position ne change pas son donneur d’accord.
La même logique vaut lorsque le participe est attribut et décrit l’état d’un nom ou d’un pronom sans auxiliaire composé à analyser. Dans « Je considère cette étape terminée », terminée qualifie étape. Dans « Les participantes, les voilà réunies », réunies renvoie à les participantes, féminin pluriel, repris par les. Ici encore, le participe se comporte comme un adjectif.
Une méthode simple consiste à relier mentalement le participe au nom qualifié, puis à vérifier deux traits : masculin ou féminin, singulier ou pluriel. « Une note ajoutée », mais « des commentaires ajoutés ». Aucune recherche de COD antéposé n’est nécessaire, puisqu’il n’y a pas d’auxiliaire. La règle de l’auxiliaire avoir ne doit pas être importée dans cette construction.
Avec être : accord avec le sujet
Avec un verbe non pronominal conjugué à l’aide de l’auxiliaire être, le participe passé s’accorde avec le sujet. « Malik est arrivé tôt », « Sofia est arrivée tôt », « Malik et Sofia sont arrivés tôt » et « Les participantes sont arrivées tôt » montrent les quatre terminaisons usuelles. On cherche le sujet, puis on reporte son genre et son nombre sur le participe.
La voix passive suit également l’accord avec le sujet. Dans « Les attestations seront distribuées à l’accueil », le sujet les attestations impose le féminin pluriel à distribuées. Le complément introduit par à n’intervient pas dans cet accord. De même, « La salle est réservée par le comité » prend réservée parce que le sujet est la salle.
Une forme comme « La convocation a été envoyée » peut provoquer une fausse alerte, car on y voit a. Pourtant, le participe à accorder est envoyée, dans une construction passive dont le sujet est la convocation. Le mot été, participe passé du verbe être, reste invariable. On n’applique donc pas à envoyée la règle du COD antéposé avec avoir. Le groupe a été sert à construire la voix passive, et envoyée s’accorde avec le sujet féminin singulier.
Comparez « Le secrétariat a accepté la demande » et « La demande a été acceptée par le secrétariat ». Dans la première phrase, accepté est construit avec avoir et le COD le suit : il reste invariable. Dans la seconde, acceptée appartient à une voix passive et s’accorde avec le sujet la demande. Cette comparaison porte uniquement sur l’accord visible, pas sur le choix du temps verbal.
Les verbes pronominaux utilisent eux aussi être, mais ils ne suivent pas tous automatiquement cette règle. Leur analyse exige de distinguer COD, COI, verbe essentiellement pronominal et sens passif. Une section complète leur est donc consacrée plus loin.
Avec avoir : le COD décide
Avec l’auxiliaire avoir, le sujet ne commande jamais l’accord du participe passé. Une femme écrit « J’ai rempli le formulaire » comme un homme. Plusieurs personnes écrivent « Nous avons rempli le formulaire » comme une seule. Le genre et le nombre du sujet ne changent rien.
La formule à retenir est la suivante : « Avec avoir, je cherche le COD avant de chercher l’accord. » Si le COD se trouve avant le participe, celui-ci s’accorde avec lui. Si le COD vient après ou s’il n’y a pas de COD, le participe reste invariable.
Le COD vient après ou manque
Dans « Léa a transmis les pièces », on demande : Léa a transmis quoi? Les pièces. Ce COD est placé après transmis, donc le participe reste au masculin singulier, sa forme invariable. Dans « Les équipes ont beaucoup travaillé », le verbe travailler n’a pas de COD. Le participe travaillé reste également invariable.
Un COI ne déclenche pas l’accord. « Les collègues auxquels Samira a parlé ont pris des notes » contient le relatif auxquels, qui représente les personnes à qui Samira a parlé. Comme on parle à quelqu’un, ce complément est indirect. Parlé demeure invariable. Le même contrôle fonctionne dans « Les consignes auxquelles ils ont obéi » : on obéit à quelque chose, donc auxquelles est COI et obéi ne s’accorde pas.
Le COD est placé avant
Dans « Les pièces que Léa a transmises sont lisibles », que reprend les pièces. Léa a transmis quoi? Les pièces. La pronominalisation confirme « Léa les a transmises ». Le COD féminin pluriel précède le participe dans les deux formulations, d’où transmises.
Le COD antéposé apparaît souvent sous trois formes. Il peut être un pronom personnel : « Ces lettres, nous les avons relues. » Il peut être repris par le pronom relatif que : « Les lettres que nous avons relues sont claires. » Il peut enfin faire partie d’une interrogation : « Combien de lettres avez-vous relues? » Dans le premier exemple, les est le COD et reprend ces lettres; dans le deuxième, que est le COD, dont l’antécédent est les lettres; dans le troisième, le groupe combien de lettres est le COD. Dans les trois cas, ce COD est féminin pluriel et placé avant relu, qui devient donc relues.
Attention à ne pas accorder mécaniquement avec le nom le plus proche. Dans « Les remarques que la responsable a entendu reformuler », la proximité de remarques ne suffit pas. Ces remarques subissent l’action de l’infinitif, ce qui maintient entendu invariable. Pour toute construction où un participe est suivi d’un infinitif, il faut appliquer le test présenté dans la prochaine section.
Avec avoir : en, infinitif, fait et laissé
Certaines constructions précisent ou modifient le réflexe général du COD antéposé. Elles ne doivent pas être traitées comme une seule exception vague. Pour chacune, on identifie la fonction du complément et la relation avec l’infinitif.
Le pronom en
Lorsque en est le COD, le participe passé demeure généralement invariable. On recommande donc d’écrire « Des remarques, j’en ai noté plusieurs » et « Des occasions, nous en avons saisi beaucoup ». Un accord littéraire existe dans certains usages, ce qui empêche de présenter l’invariabilité comme une règle absolue. Pour une production claire et uniforme, l’invariabilité reste toutefois le choix recommandé.
Il faut distinguer ce cas de celui où un autre COD est placé avant et où en joue un rôle indirect. Dans « Les conclusions qu’elle en a tirées sont prudentes », que reprend les conclusions, COD féminin pluriel de a tirées. Le pronom en signifie ici « de cette analyse » et ne remplace pas le COD. L’accord avec conclusions est donc requis.
Un participe suivi d’un infinitif
Quand un participe passé construit avec avoir est suivi d’un infinitif, on vérifie ce que fait le COD antéposé. Si ce COD accomplit l’action de l’infinitif, le participe s’accorde avec lui : « Les comédiennes que j’ai entendues répéter sont prêtes. » Qui répète? Les comédiennes. Le COD antéposé de ai entendues accomplit l’action de répéter, donc l’accord se fait.
Si le COD antéposé subit plutôt l’action exprimée par l’infinitif, le participe reste invariable : « Les répliques que j’ai entendu répéter étaient brèves. » Qu’est-ce qui est répété? Les répliques. Elles n’accomplissent pas l’action; elles la subissent. On écrit donc entendu. Le test « qui accomplit l’action de l’infinitif? » est plus fiable qu’un accord guidé par la seule présence de que.
Fait suivi d’un infinitif
Le participe fait immédiatement suivi d’un infinitif est toujours invariable, que la construction emploie avoir ou qu’elle soit pronominale. On écrit « Les affiches que le comité a fait imprimer », « Ils les ont fait plastifier » et « Elles se sont fait accompagner ». Le genre et le nombre d’un COD antéposé ne changent pas fait dans cette construction.
Sans infinitif immédiatement après, les règles ordinaires reprennent. Dans « Les corrections qu’elle a faites sont pertinentes », que reprend le COD féminin pluriel les corrections, placé avant faites. L’accord est alors nécessaire. Il faut donc vérifier non seulement le mot fait, mais aussi ce qui le suit.
Laissé suivi d’un infinitif
Deux systèmes sont corrects pour laissé suivi d’un infinitif. Selon la règle traditionnelle, on applique le même test qu’avec les autres participes suivis d’un infinitif. Si le COD antéposé accomplit l’action de l’infinitif, laissé s’accorde : « La formatrice les a laissés répondre. » Le pronom les représente les participants, et ce sont eux qui répondent.
Les rectifications orthographiques de 1990 permettent de laisser laissé invariable dans tous les cas devant un infinitif, sur le modèle de fait. On peut donc aussi écrire correctement « La formatrice les a laissé répondre. » L’Office québécois de la langue française admet les deux systèmes. Ni la forme traditionnelle laissés ni la forme rectifiée laissé ne doit être qualifiée de fautive dans cet exemple. Dans un même texte, adopter un système cohérent facilite toutefois la relecture.
Les verbes pronominaux : COD, COI ou sujet ?
La présence de l’auxiliaire être ne suffit pas à décider l’accord d’un verbe pronominal. Il ne faut jamais résumer ces verbes par la formule « être = accord avec le sujet ». On commence par déterminer le type de verbe pronominal, puis on cherche le donneur d’accord approprié.
Les verbes réfléchis et réciproques
Pour un verbe occasionnellement pronominal employé dans un sens réfléchi ou réciproque, on remplace mentalement être par avoir afin de trouver le COD. La règle devient alors comparable à celle d’avoir : accord avec le COD seulement si celui-ci précède le participe.
Dans « Amina s’est préparée », on analyse « Amina a préparé qui? Elle-même. » Le pronom se, placé avant le participe, est COD. Comme il représente Amina, féminin singulier, on écrit préparée. Dans « Les partenaires se sont félicités », chacun a félicité l’autre. Se est un COD réciproque masculin pluriel, donc félicités s’accorde.
Dans « Amina s’est préparé un café », Amina a préparé quoi? Un café, COD placé après le participe. Elle l’a préparé à qui? À elle-même. Se est COI. Le participe reste donc invariable. La même analyse explique « Elles se sont lavé les mains » : elles ont lavé quoi? Les mains, COD placé après. À qui? À elles-mêmes. Se est COI, et lavé ne s’accorde pas.
Si cet autre COD passe avant, l’accord réapparaît : « Les mains qu’elles se sont lavées étaient couvertes de peinture. » Elles ont lavé quoi? Les mains. Le relatif que, qui reprend ce COD féminin pluriel, précède lavées. Le pronom se reste COI, mais il n’empêche pas l’accord avec le véritable COD antéposé.
Enfin, certains verbes réfléchis ou réciproques se construisent avec un COI et sans COD. On écrit « Elles se sont parlé », « Elles se sont écrit », « Elles se sont téléphoné », « Elles se sont nui » et « Elles se sont plu ». On parle à quelqu’un, on écrit à quelqu’un, on téléphone à quelqu’un, on nuit à quelqu’un et on plaît à quelqu’un. Dans ces emplois, se est COI et aucun COD ne commande l’accord.
| Cas pronominal | Analyse | Accord | Exemple |
|---|---|---|---|
| Réfléchi, se COD avant | Amina a préparé qui? Elle-même | Avec le COD se | Amina s’est préparée |
| Réfléchi, se COI et COD après | Amina a préparé quoi? Un café | Pas d’accord | Amina s’est préparé un café |
| Réfléchi, autre COD avant | Elles ont lavé quoi? Les mains | Avec le COD antéposé | Les mains qu’elles se sont lavées |
| Réciproque, se COI et aucun COD | Elles ont parlé à qui? L’une à l’autre | Pas d’accord | Elles se sont parlé |
| Essentiellement pronominal | Accord avec le sujet | Genre et nombre du sujet | Elles se sont enfuies |
| Pronominal de sens passif | Accord avec le sujet | Genre et nombre du sujet | Les places se sont vendues |
Les verbes essentiellement pronominaux
Un verbe essentiellement pronominal s’emploie toujours, ou presque toujours, avec un pronom conjoint dans le sens considéré. Son participe passé s’accorde avec le sujet : « Elles se sont enfuies par la sortie latérale » et « Les candidates se sont souvenues du numéro de la salle ». Les sujets féminins pluriels commandent ici les formes enfuies et souvenues.
S’arroger constitue une exception importante. Son participe suit la règle d’avoir. On écrit « Elles se sont arrogé des privilèges », car le COD des privilèges vient après. On écrit en revanche « Les privilèges qu’elles se sont arrogés ont été contestés », car le COD masculin pluriel repris par que précède arrogés. Le sujet féminin pluriel ne commande pas cet accord.
Les verbes pronominaux de sens passif
Dans une construction pronominale de sens passif, le sujet subit l’action et le participe s’accorde avec lui. « Les places se sont vendues en quelques heures » signifie que les places ont été vendues. Le sujet féminin pluriel impose vendues. De même, « Les brochures se sont distribuées rapidement à l’entrée » prend le féminin pluriel selon le sujet les brochures.
Accords spéciaux et pièges
Les constructions impersonnelles
Le participe passé d’un verbe employé impersonnellement est toujours invariable. On écrit « Les chaleurs qu’il a fait ont ralenti les activités ». Même si que renvoie à les chaleurs, la tournure impersonnelle il a fait maintient fait invariable. On écrit aussi « Il s’est vendu trois cents billets ». Le groupe trois cents billets suit le verbe impersonnel; vendu reste au masculin singulier.
Les verbes de mesure
Des participes comme coûté, valu, pesé, couru et vécu restent invariables lorsqu’ils expriment, au sens propre, une quantité, un prix, une valeur, un poids, une distance ou une durée. On écrit « Les 200 $ que l’inscription a coûté », « Les douze kilomètres que le groupe a couru » et « Les 500 grammes que chaque colis a pesé ». Le complément indique alors une mesure.
Au sens transitif ou figuré, un véritable COD antéposé déclenche l’accord. Comparez « Les efforts que ce projet a coûtés à l’équipe » avec « Les 200 $ que l’inscription a coûté ». Dans le premier exemple, le projet a coûté quoi? Des efforts, au sens de les exiger. Le COD masculin pluriel précède le participe, donc coûtés s’accorde. Dans le second, 200 $ exprime le prix et coûté reste invariable.
Ci-joint, ci-inclus et ci-annexé
Les formes ci-joint, ci-inclus et ci-annexé peuvent avoir une valeur adverbiale ou adjectivale. Leur accord dépend de leur position et de la construction. Les quatre cas suivants permettent de trancher.
- En tête de phrase, la forme est invariable : « Ci-joint les attestations demandées. »
- Devant un nom sans déterminant, elle est invariable : « Vous trouverez ci-inclus copie du reçu. »
- Lorsqu’elle est séparée du verbe par un COD, elle est invariable : « Veuillez trouver les formulaires ci-annexé. » Ici, les formulaires sépare trouver de ci-annexé.
- Après le nom, avec une valeur clairement adjectivale, elle s’accorde : « Les grilles ci-jointes facilitent la vérification » et « Les pièces ci-annexées portent un numéro. »
Un choix s’ajoute lorsque la forme est placée, dans le corps de la phrase, devant un nom pourvu d’un déterminant. L’accord et l’invariabilité sont alors admis : « Je transmets ci-joint deux copies » ou « Je transmets ci-jointes deux copies ». Le déterminant numéral deux introduit le nom. Les deux graphies sont correctes; une rédaction cohérente conservera le même choix dans un document.
Attendu, vu, y compris, excepté, passé, supposé et étant donné
Plusieurs participes ont une valeur prépositionnelle quand ils précèdent le nom. Ils restent alors invariables : « Vu les modifications », « Attendu les délais », « Y compris les annexes », « Excepté les pages blanches », « Passé la date limite » et « Supposé cette hypothèse exacte ». Lorsqu’ils suivent le nom et retrouvent une valeur adjectivale, ils s’accordent : « les modifications vues », « les délais attendus », « les annexes y comprises », « les pages blanches exceptées », « la date limite passée » et « cette hypothèse supposée exacte ».
Étant donné est généralement invariable devant le nom : « Étant donné les contraintes, le calendrier sera ajusté. » L’accord est néanmoins admis dans un registre marqué ou littéraire : « Étant données les contraintes ». Dans la locution conjonctive étant donné que, donné demeure invariable. Cette remarque concerne uniquement sa graphie et n’introduit aucune règle sur le mode du verbe qui suit.
Récapitulatif : à vérifier avant de valider
Une relecture efficace suit toujours le même trajet. Repérez d’abord le participe et son éventuel auxiliaire. Sans auxiliaire, accordez avec le nom qualifié. Avec être et un verbe non pronominal, ou dans une voix passive, accordez avec le sujet. Avec avoir, cherchez le COD, vérifiez sa place, puis examinez les cas particuliers. Avec un verbe pronominal, classez le verbe avant de décider si le donneur est un COD ou le sujet.
- Y a-t-il un auxiliaire? S’il n’y en a pas, quel nom le participe qualifie-t-il?
- Si l’auxiliaire est être, le verbe est-il non pronominal, passif ou pronominal?
- Avec avoir, existe-t-il un COD, confirmé par « qui? », « quoi? » et par le, la ou les?
- Ce COD est-il placé avant le participe?
- Un élément impose-t-il une vérification spéciale : en, un infinitif, fait, laissé, un emploi impersonnel ou une mesure?
Paires minimales à relire
- « Léa a transmis les pièces » : COD après, donc transmis. « Les pièces que Léa a transmises » : COD avant, donc transmises.
- « Les comédiennes que j’ai entendues répéter » : les comédiennes répètent. « Les répliques que j’ai entendu répéter » : les répliques sont répétées.
- « Amina s’est préparée » : se est COD. « Amina s’est préparé un café » : se est COI et un café est COD après.
- « Elles se sont lavé les mains » : COD après. « Les mains qu’elles se sont lavées » : COD avant.
- « Les 200 $ que l’inscription a coûté » : quantité. « Les efforts que ce projet a coûtés » : COD au sens figuré.
Mini-correction expliquée
Corrigez mentalement ces quatre formes avant de lire l’explication : « les notes qu’elle a ajouté », « elles se sont téléphonées », « les brochures qu’on a fait imprimer » et « la réponse a été validé ». On écrit « les notes qu’elle a ajoutées », car que reprend le COD féminin pluriel placé avant. On écrit « elles se sont téléphoné », car on téléphone à quelqu’un et se est COI. On conserve « fait » dans « les brochures qu’on a fait imprimer », puisque fait suivi immédiatement d’un infinitif est toujours invariable. Enfin, on écrit « la réponse a été validée » : été reste invariable et validée s’accorde avec le sujet de la voix passive.
Deux variantes admises méritent une place dans la fiche de relecture. Devant un infinitif, laissé peut suivre le système traditionnel ou rester systématiquement invariable selon les rectifications de 1990. Devant un nom déterminé dans le corps de la phrase, ci-joint peut rester invariable ou s’accorder. Pour étant donné devant un nom, l’invariabilité est généralement recommandée, tandis que l’accord demeure admis dans un registre marqué ou littéraire.
Pour poursuivre la pratique, l’« Atelier des accords du participe passé » est un outil d’entraînement maison, non officiel. Il propose un diagnostic par construction, un laboratoire du COD, des paires minimales, une zone consacrée aux variantes et une grille d’autocorrection en cinq questions. Pour travailler séparément d’autres difficultés grammaticales, consultez aussi les ressources sur les déclencheurs du subjonctif et sur le passé composé et l’imparfait.
Source des exemples : création éditoriale interne, sans recours à une banque officielle, privée ou concurrente ni à des exemples mémorisés.
Avant de valider un texte, ne demandez pas seulement quelle terminaison semble naturelle. Nommez la construction, trouvez le donneur d’accord et vérifiez sa place. Ce court raisonnement transforme une hésitation orthographique en décision grammaticale justifiable.